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Vie d'ici

A l’aéroport de Wallis, les cocotiers sont trop hauts (ou les avions trop bas)

10 juin 2016

Non, ceci n’est pas à Wallis, c’est sur la terrasse …

 

On inaugure une nouvelle rubrique aujourd’hui avec ce premier volet des News du Pacifique : les infos surprenantes ou insolites relevées dans la presse locale. En Nouvelle-Calédonie ou chez nos voisins, vous allez voir qu’il s’en passe parfois de belles sur les confettis perdus au milieu de l’océan.

Prenons aujourd’hui le cas de Wallis et Futuna.
Une toute petite collectivité française de trois îles, 142 kilomètres carrés et 12.000 habitants entre Fidji et les Samoa, à 2.134 kilomètres au nord-est de la Nouvelle-Calédonie (regardez, c’est là).

C’est la terre des rois du Pacifique, ils sont trois à se partager l’autorité coutumière. Ça fait beaucoup d’altesses au kilomètres carré, et parfois c’est compliqué.
La bas, le téléphone portable est arrivé en décembre dernier. Oui, il y a 6 mois, vous avez bien lu. Avant, c’était radio-cocotier …

 

Lire aussi :

Wallis et Futuna : 5 choses à savoir sur cet archipel perdu dans le Pacifique (Métro news, 21/02/2016)

 

Les Wallisiens et les Futuniens  sont connus, outre leur gentillesse, pour leur carrure de rugbyman (et vous allez voir que ce détail est important dans le cas qui nous intéresse).

En Nouvelle-Calédonie, ils représentent la troisième communauté la plus importante du territoire, avec 21.000 habitants, soit presque le double que dans leur propre archipel.
Nombreux sont ceux qui viennent aussi se faire soigner ou accoucher à Nouméa, c’est la raison pour laquelle les rotations aériennes sont fréquentes : 3 liaisons hebdomadaires d’Air Calin entre l’aéroport de Nouméa et celui de Wallis-Hihifo.

Mais voilà, en ce moment, il y a comme un problème, comme on peut le lire sur le site de la télévision et la radio publique Wallis et Futuna 1ère.

 

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Aéroport Wallis-Hihifo : gare aux cocotiers

Par René Lataste, publié le

 

Depuis plusieurs semaines la compagnie Air Calin refuse tout supplément de bagage. Ou laisse vides des sièges-passagers… Après enquête, les coupables ont été pointés : les cocotiers ! En trop bonne santé ils lancent leurs palmes haut dans le ciel … et dans l’axe de la piste de décollage.

 

La piste de décollage l'aéroport de Wallis-Hihifo

La piste de décollage l’aéroport de Wallis-Hihifo

 

Depuis plusieurs semaine -à chaque vol ou presque- le communiqué identique d’Air Calin arrive sur nos écrans : « (…) pour des raisons opérationnelles, il ne sera accepté aucun excédent de bagage ». 

 

La clé de l’énigme : les cocotiers!

De raisons opérationnelles en raisons opérationnelles, la raison devenait chaque semaine plus incompréhensible… Que cachait cette formule ? Après enquête, voici la clé de l’énigme : les cocotiers!
Des cocotiers en zone tropicale, rien d’étonnant… Sauf que ces cocotiers-là ont poussé dans l’axe du décollage… et n’ont pas été coupés ou étêtés! Un véritable « rideau d’arbres » se dresse face aux hublots des pilotes. Et dans l’espace de sécurité de chaque côté de la piste.

La directrice de l’Aviation civile, Valérie Pucci donne l’explication technique : « En raison de la végétation Air Calin est obligé de revoir ses calculs de performance et donc de limiter la charge utile. C’est-à-dire le poids de l’avion, la masse au décollage de l’avion en réduisant le nombre de passagers ou la quantité de fret emporté. Il a obligation de décoller plus tôt ! La distance au décollage est réduite et pour qu’elle soit réduite, il faut qu’il soit moins lourd ! » CQFD!

Attention : végétation dangereuse!

Cette mesure de sécurité absolue au décollage est tirée du rapport d’un géomètre de Nouvelle Calédonie. En décembre dernier il s’est rendu à Wallis et a parcouru la piste et ses alentours. Sa conclusion a été sans appel : la végétation actuelle représente un réel danger !
La compagnie en tiré la conséquence… l’allègement! Le mois dernier la compagnie aérienne a perdu 1,8 tonne. Converti en Francs Pacifique ce poids représente une belle somme…

Le cocotier de bout de piste de l’aéroport coûte cher… Alors, que faire…? L’une des difficultés est le foncier. Il appartient coutumièrement aux familles. Pas de cadastre. Pas d’expropriation possible. En métropole, la zone de sécurité, appelée dans le jargon administratif « surfaces de dégagement aéronautique » sont définies par le Code de l’Aviation civile. Impossible à Wallis en raison du foncier.

Indemnisations par cocotier

L’Aviation civile a la charge des travaux. « Quand on intervient chez un riverain, qu’on coupe les arbres qui lui appartiennent il y a une délibération de l’Assemblée territoriale que l’on applique. Elle prévoit l’indemnisation. Il y a un prix pour le cocotier, un prix pour les arbres fruitiers, etc… et donc les riverains sont indemnisés en fonction des prix fixés par cette délibération. » Pas plus de précision sur le prix du cocotier… Car il y a cocotier et cocotier…

Le défrichement a commencé seulement en mai. Un peu plus d’un hectare. Fin juin, la piste devrait être dégagée. Et les cocotiers de l’aéroport de Wallis-Hihifo ne seront plus les arbres de tous les dangers!

 

 

Voir aussi :

  • Mamandine
    13 juin 2016 at 1 h 25 min

    Ahahah
    Au moins là bas tu te fais pas exproprié pour une autoroute ou pire un stade de foot !!

    • Maman Tortue
      13 juin 2016 at 7 h 24 min

      Je me souviens il y a une dizaine d’année, le roi avait décidé d’exproprier la télé parce qu’ils avaient fait un reportage qui lui avait pas plu. C’est spécial, parfois ?