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Déménagement et cie Vie d'ici

La fleur de frangipanier, si simplement parfaite

10 février 2016

 

 

C’est sans aucun doute ma fleur préférée au monde. La fleur de nos voyages tropicaux, Bali, l’Ile Maurice et bien avant, la Réunion, la Nouvelle-Calédonie déjà, et aussi Tahiti, elle est partout sur le chemin.

La plus simple et la plus parfaite…

La fleur de frangipanier est chargée de symboles, différents selon les pays. Est-ce la pureté de ses contours en forme de spirale, le velouté de ses pétales, ou son parfum de paradis qui inspirent les légendes ?

 

 

 

A Tahiti, le tipanié est un arbre protecteur, symbole d’immortalité (vous allez comprendre pourquoi un peu plus tard), très répandu notamment dans les cimetières pour son dialogue supposé avec les esprits.

Les fleurs servent à fabriquer des colliers et des couronnes, et remplacent parfois le tiaré sur l’oreille des vahinés. A droite ou à gauche en fonction de leur statut matrimonial (ou de leur humeur).

Dans certains pays d’Asie, le frangipanier était longtemps planté uniquement dans l’enceinte des temples pour ne pas froisser les esprits, encore eux.
En Malaisie, son parfum annoncerait la présence de vampires, sympa. En Inde, la philosophie ayurvédique attribue aux cinq pétales les cinq qualités nécessaires à la perfection psychologique : la sincérité, la foi, la dévotion, l’aspiration (pas l’aspirateur), et le renoncement.

A Bali, le kemboja, ou fleur des Dieux, est de toutes les offrandes et de toutes les cérémonies, symbole de pureté.
A Hawaï, la fleur célèbre le renouveau du printemps. Au Bangladesh, c’est la fleur des mourants.

La vie, la mort, l’amour …

La vie, quoi.

 

Bébé Tortue et sa fleur de kemboja à Bali (juillet 2014)

 

 

Et donc, quel rapport avec la galette des rois ?

Car il y en a un. Peut-être.  C’est là aussi une histoire de légendes…

Plumeria, le nom latin du frangipanier, vient du nom du moine français Charles Plumier, qui a introduit en Europe au 17ème siècle cette espèce originaire d’Amérique latine et des Antilles.

Le nom commun frangipanier a été hérité du marquis Mutio Frangipani, botaniste italien du 15ème siècle. Lors d’une expédition aux Antilles, l’équipage de son bateau avait été subjugué -et intrigué- par l’odeur qui flottait dans l’air au large des côtes d’Antigua. Un parfum évoquant l’amande. Il leur a donné un petit cours de botanique sur cet arbre qui leur était inconnu.
En souvenir de ce voyage, la première essence extraite de ces fleurs fut baptisée du nom du marquis Frangipani, ainsi que l’arbre lui-même par extension.

La suite est plus vague, et peut-être un peu fantaisiste

L’une des nombreuses histoires sur l’origine de la crème frangipane raconte que l’un des petits-fils de Mutio Frangipani, Pompéo, maréchal des armées de Louis XIII, avait inventé une sorte de pommade à base d’amandes amères pour parfumer les gants, et ainsi atténuer l’odeur du cuir.
Et que le pâtissier du-dit Pompéo Frangipani aurait choisi un jour de s’inspirer de ce parfum pour créer un dessert.
Qui nous reste toujours sur l’estomac des siècles plus tard.

Vous voyez le vague rapport ?

 

 

 

Mon frangipanier à moi

C’est un cadeau de Papa Tortue il y a un presque deux ans. Un plant encore jeune, un peu chétif, qui a plutôt pas mal poussé sous un climat pas franchement adapté.

On l’appelle Le Frangi, et  il nous a suivis en Nouvelle-Calédonie. Ce qui n’est pas AUSSI compliqué que de déménager un chat, mais qui reste une aventure quand même.

Il a fallu un permis d’importation du SIVAP de Nouméa, le Service d’inspection vétérinaire, alimentaire et phytosanitaire, puis un certificat phytosanitaire de la préfecture de notre département.

Deux dames de la Direction régionale de Alimentation de l’Agriculture et de la Forêt sont donc venues un matin à la maison pour inspecter mon modeste spécimen, afin de bien vérifier qu’il n’était infesté ni de grenouilles eleutherodactylus ni de mouches pisseuses (visiblement, non, hein) comme spécifié dans le protocole d’importation.

 

 

 

 

Quatre jours avant de prendre l’avion, pour que je puisse obtenir le fameux certificat, Nicolas de la jardinerie du coin, a nettoyé les racines (importation de terre interdite), coupé toutes les feuilles et le bouton de la toute première fleur qui allait enfin s’ouvrir (feuilles et fleurs interdites aussi).

Le pauvre n’était plus qu’un manche à balai emballé dans du cellophane. Il a voyagé comme ça, dans une valise enroulé dans des serviettes de plage.

A l’arrivée, à Papa Tortue qui s’inquiétait de sa survie après presque une semaine hors-sol, la douanière a répondu en rigolant qu’il pouvait très bien tenir un mois comme ça. Et que même, ce n’était pas la peine de s’embêter à nettoyer les racines, on aurait pu juste scier le tronc et le replanter ensuite, il aurait repoussé sans problème.

 

Symbole d’immortalité je vous disais …

 

 

Et c’est reparti …

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    D'Wettelsemer Schildkrott
    11 février 2016 at 23 h 10 min

    Si belle ! Ton « Frangi » un vrai phénix ! Ca, ça me parle 😉

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      Maman Tortue
      12 février 2016 at 7 h 36 min

      C’est une plante incroyable! A Wetto aussi ça se tente, le frangi …

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    Amandine
    12 février 2016 at 1 h 31 min

    Oh j’adore on est aussi tombé amoureux de cette plante à Maurice mais j’ai pas encore eu le temps d’essayer en pot à la maison. En même temps à 800m d’altitude… ??
    Mais qui ne tente rien n’a rien ça sera à essayer ?
    En tout cas le tient à l’air d’apprécier son nouveau climat comme le reste de la famille ?

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      Maman Tortue
      12 février 2016 at 7 h 29 min

      Oh ben oui, ça se tente, là où on était avant il a même failli fleurir, c’est dire s’il s’adapte aux climats hostiles…

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    D'Wettelsemer Schildkrott
    13 février 2016 at 4 h 23 min

    C’est ma « petite » soeur la spécialiste des « plantes bizarres qui poussent ailleurs que là où elles devraient être » 😉

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      Amandine
      15 février 2016 at 1 h 32 min

      Tati jardin pour son nom d’emprunt ?
      Je confirme

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