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Voyages

Sous les voiles de l’opéra de Sydney

24 mai 2016
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Toutes voiles dehors dans la baie de Sydney

 

Le suspense a assez duré. On l’a vu sous tous les angles et de presque toutes les rives de la baie, il est temps de s’en approcher un peu plus …

Il y a du lourd aujourd’hui au programme. 27.000 tonnes de béton et de verre précisément. Du mythique.  Du wouaaaaahhh comme dirait Bébé Tortue, et c’est vrai qu’il n’y a pas grand chose d’autre à ajouter quand on se retrouve au pied de l’une des folies architecturales les plus célèbres au monde, j’ai nommé le Sydney Opéra House, sous vos applaudissements.

Avec 2500 représentations par an, l’opéra de Sydney est le centre qui produit le plus de spectacles au monde, et certainement celui où le dress-code est le plus cool. En gros, venez comme vous êtes, en sortant du travail ou en revenant de la plage, laissez juste votre planche de surf à la consigne.

Tout ça pour vous dire que l’endroit n’est pas austère. Impressionnant, oui, mais ni snob ni élitiste. Il vit au rythme de la ville, des ses touristes et de ses habitants, qu’ils aiment la variété, la musique classique, le stand-up ou la danse contemporaine, le cirque et même les spectacles pour enfants.

 

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A travers une baie vitrée, la vue avant d’entrer dans une salle de spectacle

 

Cinq salles, cinq ambiances

Au premier niveau, les deux petits théâtres et le studio modulable offrent des ambiances intimistes et une grande  proximité avec les artistes. C’est petit, mais sur scène à quelques mètres de vous, il se peut que ce soit Cate Blanchett ou l’ex-étoile Sylvie Guillem lors de sa tournée mondiale d’adieu en 2015, excusez du peu.

Au niveau supérieur, le décor est nettement plus spectaculaire. Les deux plus grandes salles de l’opéra sont nichées côte à côte dans les coquilles de béton. Avant d’entrer, retournez-vous une seconde, la vue sur la baie est imprenable.

Nous avons eu beaucoup de chance de pouvoir les visiter entre deux répétitions, et je dois avouer que c’est quand même sacrément émouvant de voir ça en vrai.

D’abord le très grand et très beau Concert Hall, réputé pour son acoustique parfaite, et aussi pour la grande variété de spectacles qui y sont proposés.
Ce jour là, l’orchestre symphonique de Sydney était en train de s’installer. Il y a deux mois, Prince y a donné l’un de ses derniers concerts. Dans un autre style, c’est ici qu’Arnold Schwarzenegger avait été sacré M. Muscles en 1980 lors d’une compétition d’haltérophilie. Pour tous les goûts, on vous dit …

La programmation est nettement plus classique à côté dans le Joan Sutherland Theatre que se partagent l’Opéra d’Australie et le ballet d’Australie. Elle accueille aussi des compagnies de danse du monde entier, mais que le gratin, of course.

 

Voir aussi :

La programmation du Sydney Opera House

 

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Le Concert Hall, 2600 places

 

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Joan Sutherland Theatre, la salle dédiée à l’opéra et au ballet

 

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Le foyer nord. La moquette épaisse plaît beaucoup à Bébé Tortue.

 

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Un chef d’œuvre né dans la douleur

La construction de l’opéra de Sydney vaut à elle seule un drame en cinq actes. Une épopée qui aura duré 16 ans, de 1958 à 1973,  et aura couté plus de 101 millions de dollars australiens financés grâce à une loterie publique.
On est bien loin des prévisions de départ qui tablaient sur 3 ans de travaux et une facture de 7 millions. Explosé, atomisé, le budget.

Parmi 233 propositions d’architectes du monde entier, c’est le projet de Jørn Utzon, un danois de 38 ans inconnu en-dehors des frontières de son pays (et encore) qui est choisi. Ou plutôt, repêché in extremis. L’architecte américain Eero Saarinen, 4ème  membre du jury arrivé au comité de sélection quatre jours en retard (quand même) découvre le croquis de voiles, ou de coquillages selon les interprétations, présenté par Utzon dans le tas des projets recalés, et parvient à convaincre ses collègues qu’il ne fait aucun doute que le gagnant du concours est sous leurs yeux…

 

Lire aussi :

1956, the year of the competition

 

Jørn Utzon en 1965 (©Keystone/Getty Images) – Dessin original de l’architecte (©Jørn Utzon/ Bibliodyssey)

 

Sur papier, le projet n°128, cathédrale de béton de 67 mètres apparaît fou. Il l’est encore plus dans la réalité.
Six ans après le début des travaux, les difficultés s’accumulent, et les tensions sont à leur comble. Sur le chantier, la porte qui séparait le bureau des architectes de celui des ingénieurs a été murée.
Le nouveau gouvernement fraîchement en place conteste le design du bâtiment, et son coût pharaonique.

En février 1966, huit ans avant la fin de la construction, Jørn Utzon démissionne, et quitte le pays.

Il sera ré-embauché en 1999 à la faveur d’un changement de gouvernement pour superviser les rénovations … de loin. L’opéra de Sydney lui vaudra le prestigieux prix Pritzker en 2003, l’équivalent du prix Nobel pour les architectes. En 2007, consécration ultime, son chef d’œuvre est classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Mais l’homme a visiblement la rancune tenace. Depuis le jour où il a claqué la porte du chantier, Utzon n’est plus jamais revenu en Australie.

Autrement dit, aussi incroyable que cela puisse paraître, il n’aura pas vu son opéra fini ailleurs qu’à la télé

 

Une manifestation d’étudiants en architecture pour réclamer le retour d’Utzon (©Archives ABC Australia)

 

Jørn Utzon est mort en 2008 à l’âge de 90 ans. C’est son fils Kim Utzon, architecte lui-même, qui veille désormais sur la destinée architecturale de l’opéra de papa.

 

Prouesses techniques

L’un des grands défi de ce chantier gigantesque a été de d’ériger les voutes de béton, sans câbles visibles, sans piliers au milieu des salles. L’ensemble donne l’impression d’une structure en équilibre sans que l’on comprenne vraiment comment ça tient.

L’autre défi a été de les habiller. Plus d’un million de tuiles en céramique tantôt mates, tantôt brillantes recouvrent les coquilles.  Et contrairement aux apparences (du moins sous le soleil), elles ne sont pas blanches mais beiges,  pour ne pas écraser les volumes.
Le matériau, conçu et fabriqué en Suède après trois ans de recherches, est si lisse qu’il est auto-nettoyant : une bonne pluie suffit à nettoyer l’ensemble. Résultat : 43 ans sans un seul coup de chiffon, pas mal non ?

 

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Quand il fait gris ça se voit bien : l’opéra n’est PAS blanc !

 

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Opera Kitchen, le restau le mieux placé de Sydney

 

Et notre défi à nous, c’est de réserver notre voyage suffisamment à l’avance la prochaine fois pour avoir des places pour un spectacle (n’importe lequel, à part peut-être M. Muscles), parce que c’est quand même fait pour ça …

En plus, maintenant qu’on a une baby-sitter à Sydney…

 

Lire aussi :

50 fun facts about Sydney Opera House

 

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Sa Gracieuse Majesté, venue inaugurer le Sydney Opera House le 20 octobre 1973.

 

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Au prochain épisode :
on a retrouvé Némo à Darling Harbour

 

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    D'Wettelsemer Schildkrott
    26 mai 2016 at 6 h 30 min

    On en apprend des choses depuis notre canapé !
    Des tuiles auto-nettoyantes, (comme tout ce qui est auto-nettoyant) ça me plait bien aussi…

    • Commenter
      Maman Tortue
      26 mai 2016 at 7 h 44 min

      Oui par contre, il y a bien quelqu’un qui fait les vitres chez eux, et je n’aimerais pas être à la place de cette personne …

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